1. Le marché de capacité, comment ça marche ?
Le marché de capacité est un système conçu pour sécuriser l’approvisionnement en électricité lors des périodes de forte demande. Sur ce marché, des garanties de capacité sont échangées, représentant soit la production d’électricité, soit l’effacement de la consommation électrique.
En France, ce mécanisme a été instauré pour rémunérer les acteurs qui maintiennent des capacités de production ou d’effacement disponibles lors des pics de consommation. L’objectif principal est de garantir que, même en périodes critiques, l’électricité nécessaire soit toujours accessible aux consommateurs. Ce marché joue donc un rôle crucial dans la prévention des pénuries d’électricité et dans la stabilisation du réseau électrique national.
Les fournisseurs d’électricité sont tenus de démontrer annuellement leur capacité à couvrir la consommation de leurs clients durant les pics. Ils doivent obtenir des certificats de capacité, délivrés par le gestionnaire du réseau, RTE, en fonction de la disponibilité de leurs installations.
Ces certificats peuvent être achetés ou vendus sur un marché dédié, avec des prix fluctuants selon la demande et l’offre de capacité disponible.
La bourse Epex Spot joue un rôle essentiel dans la gestion des capacités électriques en organisant six enchères annuelles pour l’échange de capacités. Ces enchères déterminent le prix des capacités sur le marché. Parallèlement, il existe aussi un marché de gré à gré, où les participants échangent directement entre eux des garanties de capacité sans passer par la bourse centralisée.
Point actu : Le marché des garanties de capacité illustre une forte volatilité ces derniers mois. Lors des enchères du 5 décembre 2024, les garanties de capacité pour 2025 s’échangeaient à 0€/MW, tandis que celles du 6 mars pour l’année 2026 ont atteint 3 152,3€/MW. La moyenne annuelle des transactions pour 2025 s’établit à 14 657,78€/MW. La prochaine période d’enchères, prévue le 22 mai 2025, concernera les capacités pour l’année 2026.
2. Quels sont les défis auxquels est confronté le marché de capacité ?
Chaque hiver, la demande en électricité peut dépasser les 100 GWh, principalement due au chauffage électrique. Les producteurs doivent maintenir leurs centrales, qu’elles soient thermiques ou hydrauliques, opérationnelles toute l’année, même si elles ne sont utilisées que quelques heures.
Cet arrangement pose deux problèmes majeurs : un investissement coûteux et peu rentable dans les capacités de pointe, et une pression croissante sur un système déjà fragile.
3. La réponse législative : la loi NOME
Face à cette situation, la loi Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité (NOME) de 2010 a introduit le mécanisme de capacité. Ce dispositif vise à augmenter la rémunération des fournisseurs qui exploitent des centrales de pointe. L’objectif ? Inciter au maintien et à la construction de nouvelles installations pour renforcer la sécurité d’approvisionnement lors des pics de consommation.
4. Impact sur les consommateurs et stratégies de réduction sur les factures
Depuis janvier 2017, l’impact de ce mécanisme sur les factures des consommateurs varie entre 1,8 et 2,4 €/MWh, dépendant de leur profil de consommation et de la stratégie d’acquisition des certificats de leur fournisseur.
Les effacements de consommation concernent le consommateur final d’électricité. Ce dispositif consiste à réduire ou stopper temporairement sa consommation électrique dans le but de limiter les risques de black-out à plus large échelle. Cette méthode permet de « soulager » le réseau électrique au moment de pics de consommation.
Un consommateur responsable aura donc un impact plus modéré sur sa facture énergétique.